Les trois priorités avant tout achat de sécurité

Pour une PME qui utilise Odoo ou un autre ERP, le premier risque opérationnel est souvent banal : un compte compromis, un droit trop large ou une sauvegarde impossible à restaurer. L’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) place l’authentification à plusieurs facteurs, les sauvegardes et les mises à jour parmi les premières mesures à prendre. Appliquez-les à l’ERP, à la messagerie et à la console d’administration de l’hébergeur.

  1. Bloquer l’accès non autorisé : activer la MFA pour les administrateurs et les utilisateurs ; supprimer les comptes des personnes parties.
  2. Pouvoir récupérer les données : conserver une copie indépendante de l’environnement de production et vérifier sa restauration.
  3. Limiter l’impact : donner à chaque rôle les droits nécessaires, puis documenter qui décide et qui agit en cas d’incident.

Accès Odoo : MFA, rôles et départs

Commencez par l’inventaire des comptes : propriétaire de la base, administrateurs, comptabilité, ventes, intégrations et prestataires. Chaque personne doit disposer de son propre compte ; un compte partagé empêche d’attribuer clairement les actions. Activez la MFA dans Odoo, puis vérifiez qu’elle couvre aussi les comptes de messagerie, SSO et hébergement qui permettent de réinitialiser l’accès. La documentation Odoo décrit l’activation et l’obligation de la 2FA pour les utilisateurs.

Attribuez les droits par fonction. Une personne qui saisit des factures n’a généralement pas besoin d’administrer les utilisateurs ou de modifier les réglages de sécurité. Revoyez les accès lors des arrivées, changements de poste et départs, ainsi qu’après la fin d’un mandat externe. Contrôlez séparément les clés API, comptes techniques et accès aux sauvegardes.

Sauvegardes : vérifier la copie, puis la restauration

Une sauvegarde automatique du fournisseur est utile, mais elle ne répond pas à elle seule aux questions de reprise de votre PME. Demandez où sont conservées les copies, combien de temps elles restent disponibles et qui peut les télécharger. Définissez ensuite deux objectifs simples : combien de données pouvez-vous perdre et combien de temps pouvez-vous rester sans ERP. Ces réponses déterminent la fréquence des copies et le plan de reprise.

Pour Odoo, une sauvegarde exploitable doit comprendre la base de données et les pièces jointes (filestore). Si des modules personnalisés sont utilisés, conservez aussi leur code et les versions nécessaires à la restauration. Odoo documente le téléchargement d’une base Odoo Online et son transfert ; le chemin exact dépend du mode d’hébergement et de la version. Gardez au moins une copie sous un contrôle distinct de la production et limitez-en l’accès.

Une fois par période définie, restaurez une copie dans un environnement isolé : ouvrez une facture avec sa pièce jointe, consultez un contact, puis testez un flux essentiel. Notez la date, le temps nécessaire, les erreurs et la personne responsable. Une copie non testée reste une hypothèse.

Qui fait quoi selon l’hébergement ?

ModeÀ clarifier avec le fournisseurResponsabilité qui reste à la PME
Odoo OnlineRétention, restauration, téléchargement et supportComptes, MFA, droits, processus métier, copie indépendante selon le besoin
Odoo.shSauvegardes de production, accès au projet, déploiementsComptes, modules personnalisés, tests de reprise et gouvernance des accès
Serveur géré ou auto-hébergéContrat d’infogérance, surveillance, correctifs, stockage des copiesVérifier explicitement chaque tâche non confiée au prestataire

La répartition exacte dépend du contrat et de la configuration. Un serveur en Suisse ou un logiciel libre ne dispensent pas de ces contrôles ; le guide sur l’hébergement et la réversibilité aide à les intégrer dès le choix de la solution.

En cas d’incident : premières décisions

Préparez avant l’incident une fiche d’une page : personnes à joindre, accès à suspendre, prestataire, emplacement de la sauvegarde et ordre de reprise des processus (par exemple facturation avant reporting). Si un compte semble compromis, faites couper son accès et préserver les traces utiles ; évitez de rétablir une sauvegarde dans un système encore compromis. Les exigences de notification éventuelles dépendent des données et du contexte : faites-les apprécier par les personnes compétentes.

Contrôle rapide à faire cette semaine

  • Une liste des comptes administrateurs ERP, messagerie et hébergeur existe.
  • La MFA est activée et un accès de secours est défini.
  • Les anciens comptes et les accès externes inutiles sont retirés.
  • La dernière sauvegarde contient base, pièces jointes et éventuels modules.
  • Une restauration en environnement isolé a été chronométrée et documentée.
  • Une personne est responsable des correctifs et du plan de reprise.

Sources et méthode. Synthèse opérationnelle de Valmo pour les PME suisses, fondée sur les recommandations de l’OFCS et la documentation officielle 2FA et hébergement Odoo. Vérifiez les procédures et garanties de votre version et de votre contrat.